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Les volcans Erciyes (l’ancien mont Argée ou Argyros : « argenté » en grec), Hasan et Göllü Dağ (en) entrèrent en éruption au Miocène supérieur (dix millions d’années) jusqu’au Pliocène (deux millions d’années). Ces éruptions ainsi que l’apparition de volcans de moindre importance au fil des millénaires générèrent une superposition de strates d’ignimbrites plus ou moins denses. En particulier, au début du Quaternaire, des laves basaltiques beaucoup plus dures se déposèrent. Quelques éruptions eurent encore lieu ultérieurement, notamment en 253 av. J.-C., semble-t-il. Les dépôts du mont Erciyes ont couvert à eux seuls une superficie de 10 000 km2, sur une épaisseur variant entre 100 et 500 mètres. Sous l’effet des glaciations de l’ère néozoïque, la croûte de basalte s’est lézardée, le sol s’est désagrégé, permettant à l’eau de s’infiltrer et d’accentuer encore l’érosion. Quand le tuf est très tendre, il se désagrège totalement pour former une plaine poussiéreuse, tandis que sur les reliefs pentus, l’érosion crée canyons, mesas, cônes, pitons et cheminées de fée. Le paysage de Cappadoce présente donc une morphologie se caractérisant pour l’essentiel par des plateaux formés par les cendres et les boues rejetées par les volcans avoisinants, des gorges, des cheminées de fées, ainsi que de grandes plaines constituées de résidus volcaniques. De nos jours, l’érosion continue : les pitons et les cônes actuels sont donc voués à disparaître, mais d’autres se dégagent peu à peu en bordure des plateaux.