Ce docu n'a pas de note La propre vie de J.R.R. Tolkien (1898-1973) est à elle seule une histoire passionnante, qui éclaire une œuvre foisonnante. Elle est d’abord liée à l’histoire tumultueuse du XXe siècle. Enrôlé dans le conflit de la Première Guerre mondiale, Tolkien y perdra de nombreux amis et verra quelques années plus tard, lors de la seconde, ses propres fils partir au front.« Je suis en tout point semblable à un Hobbit », a-t-il un jour écrit. Car, contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’était ni un aventurier, ni un explorateur, ni même un grand voyageur… Mari aimant, père de quatre enfants, catholique, il vit la plus grande partie de sa vie à Oxford, en Angleterre, où il exerce comme professeur à l’université pendant de longues années.Ce brillant étudiant a des passe-temps étonnants : les langues – il en maîtrise une quinzaine et en invente presque autant, notamment le quenya, qui deviendra le langage des Elfes. Il est aussi passionné de textes anciens, que son travail universitaire de philologue lui permet de mettre en lumière – notamment le poème épique anglo-saxon Beowulf, qui l’influencera considérablement. Il crée également, avec l’écrivain C.S. Lewis, un cercle littéraire dans lequel il lit, avec quelques autres passionnés, de la littérature médiévale ou des textes en vieil islandais.C’est cet homme curieux et débordant d’imagination, grand admirateur d’Homère et de son Odyssée, qui crée dès les années 1910 une œuvre-monde, un univers cohérent et original composé de récits, de poèmes et d’une Histoire propre qui s’étale sur des milliers d’années.Un monde mythologique, dans lequel les dominants ne sont pas toujours ceux que l’on croit, et où le Bien et le Mal, s’ils s’affrontent très régulièrement, ont des places mouvantes et donc passionnantes. Car chez Tolkien, et c’est peut-être ce qui touche ses fervents lecteurs, chaque individu a une trajectoire propre, complexe, qui dépend de ses choix, mais aussi de la fatalité.Pour mieux redécouvrir ses œuvres et leur portée, François Busnel propose donc de partir sur les traces de l’homme pour raconter l’histoire de l’auteur, ce contemporain créateur d’un univers que l’on n’a pas encore fini d’explorer.