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Le sucre est devenu omniprésent et, pour limiter sa consommation, il faut désormais avoir le temps et la patience de regarder la liste des ingrédients de chaque produit acheté. Un véritable casse-tête tant les étiquettes sont compliquées à déchiffrer. Résultat : on en ingère toujours plus. Les conséquences sur la santé, elles, n’apparaissent qu’au bout de dix ou vingt ans. Depuis les années 1980, on observe une très forte hausse du nombre d’obèses et de diabétiques. Pour les spécialistes, le lien de cause à effet n’est plus à établir. Le Pr Lawrence Serfaty, hépatologue à l’hôpital Saint-Antoine, dénonce, lui, les méfaits sur le foie de« la consommation excessive d’acides gras saturés, de sucres d’absorption rapide, de fructose. Ce n’est pas la première cause d’hépatite, mais c’est en train de rattraper des causes comme l’alcool et les virus, et ça devient un problème de santé publique ». Soucieux de leurs intérêts économiques, les industriels ont trouvé la parade avec la commercialisation d’édulcorants, aspartame en tête, qui soulèvent eux aussi de nombreuses questions. Pour certains médecins, « rien ne prouve qu’ils servent à faire maigrir ». Selon une étude de l’Inserm menée par l’épidémiologiste Guy Fagherazzi sur 65 000 femmes pendant quatorze ans, le risque de développer un diabète serait même plus important chez les personnes qui boivent des boissons light que chez les buveurs de sodas classiques. Un pavé dans la mare !