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La moitié des morts violentes passeraient inaperçues en Suisse ! Exemples à l’appui, de nombreux accidents, suicides ou même meurtres sont considérés à tort comme des morts naturelles et attribués à des maladies. Les conséquences sont irréparables, pour les proches comme pour la justice. C’est un cri d’alarme lancé par le légiste bernois Christian Jackowski qui citait, il y a trois ans, de très sérieuses études menées en Allemagne : dans ce pays, 50% des morts violentes ne seraient pas repérées. En Suisse, selon cet expert, les morts violentes seraient au moins deux fois plus nombreuses que ce qu’indiquent les statistiques officielles. « Il s’agit de choses aussi graves que des blessures par balle ou par arme blanche », relève Christian Jackowski. « Un examen de corps doit répondre à certaines exigences minimales. Cela inclut de déshabiller entièrement le cadavre, d’inspecter les orifices corporels. Et en général, l’examen n’est pas mené de façon rigoureuse ». Les médecins appelés pour constater un décès sont en effet très souvent des généralistes, sans aucune formation en médecine légale. En Suisse, aucun second examen n’est par ailleurs prévu si le décès est déclaré naturel. Notre pays ne compte que sept instituts de médecine légale, dont un seul romand, réparti entre Lausanne et Genève. Plusieurs cantons manquent cruellement de spécialistes… Un documentaire de Jacqueline Dubuis et Alain Orange.