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Retour sur l’héritage laissé par Bob Denard dans l’archipel des Comores. Alors que dans les années soixante-dix Bob Denard est un mercenaire au service de la France, l’homme enchaîne les missions de déstabilisation et les opérations coup de poing à travers le monde. Pour le compte de la République, Bob Denard, surnommé « le Corsaire de la République », a très tôt commencé à saboter les volontés indépendantistes des colonies françaises. En 1953, il est policier dans une « brigade antiterroriste » au Maroc, après avoir été commando de marine en Indochine. En 1954, il prend part à une tentative d’assassinat contre Pierre Mendès France, accusé de brader les colonies. Sa carrière de mercenaire commence au Katanga (riche région de l’ex-Congo belge dont la sécession contre Lumumba a été encouragée par la France, entre autres), il oscillera selon le bon vouloir de Foccart entre les sécessionnistes et Mobutu (1965). Il poursuivra sa carrière au Biafra (après un séjour à Paris où il combat la génération 68 avec des membres du Service d’Action Civique créé par De Gaulle), au Gabon, où il « fait le ménage » chez les opposants à Omar Bongo, en Angola, ou au Bénin. Il recrute sans difficultés dans les milieux d’extrême droite, en osmose avec ses milices successives. Sa terre de prédilection reste les Comores où, de 1975 à 1995, il organise nombre de coups d’État, élimine des personnalités politiques et organise divers trafics à même de financer sa troupe. Quand la France souhaite faire tomber de la tête des Comores, Ahmed Adballah, qui a proclamé l’indépendance de l’archipel en 1975, elle fait appel au «colonel». Il formente un coup d’Etat et place au pouvoir Ali Soilih. Pendant 15 ans, Bob Denard va faire main basse sur le pays en façonnant les institutions militaires ou économiques, les gouvernements, le tourisme et l’agriculture. En 1995, la France envoie des troupes d’élite pour déloger Bob Denard.